L’école Ridgeview Middle School dessert 289 étudiants de la 6e à la 8e année dans la région d’Oromocto. Wendy Carlisle, la coordonnatrice de l’école, en compagnie de Julie Carr et Pat Kilfillen, deux infirmières hygiénistes, s’occupent du premier groupe Middle School TATU Club de l’école, grâce à une bourse du Programme de subvention pour la promotion d’une vie sans tabac du ministère du Développement social.

Le groupe s’attaque à un problème spécifique aux élèves de cet âge; baisser le taux de jeunes qui risquent de commencer à fumer, même s’il n’y a pas nécessairement un haut taux de fumeurs parmi la population étudiante.

Tel que vu dans le Sondage sur le mieux-être des élèves du Nouveau-Brunswick – 6e à 12e année 2012-2013, les élèves de la 8e année forment le groupe le plus à risque de commencer à fumer, à un taux de 29%.

« Des élèves de la 7e et la 8e année font partie du groupe. Ils ont plusieurs objectifs, comme présenter les dangers de fumer aux élèves de la 6e année, mais aussi répandre le message à la communauté, » explique Julie.

Elle souligne que l’école a bénéficié d’un partenariat avec l’école Oromocto High School durant les cinq dernières années. Leur club visitait l’école chaque printemps afin de présenter les effets négatifs de la cigarette. L’enthousiasme des élèves de Ridgeview suite à ces présentations a permis de fonder leur groupe.

« Les élèves de Ridgeview aimaient ces présentations. L’an dernier, nous leur avons demandé s’ils étaient intéressés de lancer leur propre groupe, de manière à ce qu’ils offrent leurs propres activités au courant de l’année scolaire, » précise Julie.

Julie et Pat ont déjà participé à des groupes TATU de la région, qui font la promotion d’une vie sans tabac, respectivement à l’école secondaire anglophone d’Oromocto et à Fredericton High School.

« Nous partageons les dangers du tabac et nous encourageons les jeunes à ne pas commencer à fumer. Par contre, toutes les initiatives promotionnelles du groupe viennent des étudiants, » souligne Pat.

Selon Julie, un tel programme est le bienvenu, même s’il s’adresse à des jeunes qui n’ont pas encore fait leur entrée dans une école secondaire.

« Je suis également le parent d’un élève de l’école. Je soutiens ce groupe parce que ça donne aux étudiants l’information et l’éducation nécessaires pour faire des choix santé à l’avenir. En tant que parent, je crois qu’il est important d’être transparent avec l’information dont les enfants ont besoin. S’ils font face à une situation où il y a de la pression des paires, ils vont savoir comment faire pour prendre la bonne décision. »

Pat rappelle aussi que le groupe va au-delà du message anti-tabac, en construisant la confiance en soi et la camaraderie parmi les étudiants. Ce groupe offre une place à tous, selon leurs compétences, leur personnalité et leur intérêt à participer.

« Il y a une place pour tout le monde. Les élèves plus créatifs aident avec les affiches et les babillards. Les élèves plus intéressés au niveau technologique aident à monter les présentations et les vidéos. Certains préfèrent travailler en arrière-scène donc ils aident à monter les présentations. Le groupe fait la promotion de l’amitié et des compétences de vie, au-delà des arts oratoires. »

Ces compétences ne sont pas qu’utiles dans le contexte du groupe, mais ils ont un impact au-delà du terrain de l’école.

« Nous faisons la promotion d’un haut niveau de santé mentale. Ça influence les élèves s’ils sont confrontés à des comportements dangereux, mais cela se transmet aussi à leurs paires et leurs amis. Les membres du groupe vont répandre le message, donc ça réduit les comportements dangereux et ça favorise la confiance en soit, » affirme Pat.

Wendy abonde dans le même sens; l’influence du groupe se fera sentir quand les élèves quitteront l’école.

« Si les élèves gardent ce message avec eux quand on leur offrira une cigarette, ils pourront dire non, car s’ils ne croyaient pas que fumer était acceptable lorsqu’ils faisaient partie du groupe, cela peut se poursuivre à l’avenir, » précise Wendy.

Une des réussites de l’école Ridgeview fut d’avoir réuni des élèves autour d’une cause commune.

« Les étudiants veulent faire partie du groupe. Ils sont enthousiastes et veulent parler aux autres élèves pour les aider à arrêter ou les empêcher de débuter à fumer. Ce sont des fonceurs. Non seulement ils aiment apprendre, mais ils aiment aussi enseigner, » résume Wendy.

Cet enthousiasme se reflète dans les différentes initiatives suggérées par les participants selon Pat.

« C’est un programme par les paires, pour les paires. Nous guidons les étudiants, mais surtout, nous écoutons leurs idées. Ils ont travaillé sur une campagne de carte de Noël. Ils ont aussi fait des babillards que les parents peuvent voir lorsqu’ils viennent à l’école. Un des étudiants veut créer une présentation pour afficher à la bibliothèque municipale. Il y a tant d’idées de la part des élèves. »

Wendy, Julie et Pat souhaitent voir le groupe poursuivre son chemin année après année, surtout avec l’enthousiasme des élèves de 6e année.

« Ils veulent se joindre à nous, mais malheureusement ce n’est pas possible dû à un conflit d’horaire avec les heures de dîner, » affirme Julie.

L’école dessert les besoins d’une population variée, issus de la base militaire, de communautés des premières nations et de régions rurales. Selon Pat, au-delà des réalités socioéconomiques, ou d’accessibilité et d’accès au tabac, les élèves doivent avoir un sentiment d’appartenance à l’école pour maintenir leurs comportements positifs et santé.

« Les élèves solitaires sont plus à risques de développer des comportements négatifs. Si nous permettons aux élèves d’être occupés à l’école, que ce soit en s’impliquant dans un groupe ou dans une équipe sportive, ils sont moins à risque de commencer à fumer. Être un adolescent signifie être à risque de débuter à fumer, simplement dû à l’âge, » précise Pat.

Julie est fière du soutien de l’école, tout comme des initiatives suggérées par les élèves qui veulent faire la promotion de leur message à l’intérieur de l’école, grâce à des présentations et une section de livres sur le tabac dans la bibliothèque scolaire.

« Nous n’avons pas tendance à croire que des élèves de la 6e à la 8e année peuvent avoir tant d’idées sur la direction du groupe, ou comment rejoindre différentes cibles de la population. C’est superbe de voir leurs cerveaux à l’oeuvre. »

Pat souligne l’importance du ministère du Développement social dans la réussite du groupe.

« Nous avons pu acheter des outils éducatifs pour les étudiants, tout comme du matériel promotionnel, tels que des chandails, des fournitures d’arts et des prix pour des concours. Cette bourse nous a donné un immense coup de pouce, surtout pour une école de notre taille. Nous sommes reconnaissants pour l’occasion offerte par le ministère. »

Du côté de Wendy, elle rappelle l’importance de la participation étudiante.

« Nous n’étions pas certains du nombre d’étudiants qui allaient s’inscrire. On attire 16 étudiants régulièrement, surtout en 7e année. C’est un groupe qui parle haut et fort et leur but principal est de répandre leur message. »

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Histoire et photos utilisées avec la permission de Ridgeview Middle School.

Publié en mars 2017

Par Jean-Étienne Sheehy – Coordonnateur des communications de la CATNB