La plupart des gens qui ont récemment cessé de fumer peuvent témoigner que se défaire d’une dépendance à la nicotine exige beaucoup de détermination. Vous devez non seulement avoir le contrôle sur vos symptômes de sevrage physiques, mais le tout exige également une bonne préparation mentale. Souvent, les gens arrivent à cesser de fumer après quelques tentatives échouées lorsqu’un événement déclencheur dans leur vie leur donne un peu plus de force et de motivation. Un catalyseur qui favorise l’adoption d’un style de vie sans tabac, favorisant leur bien-être et celui de leurs proches.

Pour bien des femmes qui fument, la grossesse est peut-être le moment de leur vie qui offre le plus de motivation pour cesser de fumer. Le tabagisme pendant la grossesse engendre de graves risques pour la femme et le fœtus; c’est pourquoi les professionnels de la santé recommandent aux femmes de ne pas fumer pendant la grossesse.

Amanda Arsenault, 31 ans, habitant Riverview, est une de ces femmes. Le simple fait de penser à son petit garçon, Charlie, qui se développait dans son ventre lui donnait toute la résolution dont elle avait besoin pour ne pas céder à ses envies de nicotine.

« J’ai fumé pendant 12 ans. J’ai essayé de cesser à deux reprises sans succès; j’étais non-fumeuse seulement pour quelques mois à chaque reprise. Mais, à l’âge de 29 ans, mon mari et moi essayions de concevoir et je savais que je devais cesser de fumer pour de bon. J’ai obtenu une prescription pour le médicament Champix de mon médecin. Je suis tombée enceinte plus tôt que prévu. Nous pensions que le processus allait prendre plusieurs mois. Seulement quatre jours après avoir commencé à prendre mes doses de Champix, j’ai appris que j’étais enceinte. J’ai cessé tout de suite de prendre ce médicament. Je devais donc maintenant compter uniquement sur ma détermination de vouloir cesser de fumer pour résister à mes envies de cigarette pendant le reste de la grossesse. À ma grande surprise, cela était devenu beaucoup plus facile maintenant que savais que j’étais enceinte. Penser à mon bébé qui grandissait à l’intérieur de moi me tenait motivée; je ne voulais surtout pas le nuire. De plus, la grossesse a favorisé l’adoption d’autres habitudes de vie plus saines, telles qu’une meilleure alimentation et l’exercice, donc je me sentais beaucoup mieux physiquement. Mon fils a deux ans maintenant. Je suis toujours non-fumeuse. De temps en temps, j’ai envie de fumer une cigarette, et c’est frustrant lorsque ces pensées se présentent. La nicotine crée une très forte dépendance. Mais il est tellement plus facile pour moi de ne pas céder à ces pensées et envies maintenant. »

Amanda Arsenault et son fils, Charlie.

Kelsey Nash-Solomon, 29 ans, de la première nation de St Mary’s, est une mère de deux beaux garçons, Triton, 5 ans, et Declan, 11 mois. Elle est non-fumeuse depuis sa première grossesse, il y a 5 ans.

« Fumer était bien populaire dans ma famille. J’ai été exposé à cela, donc j’ai commencé à fumer quand j’avais 14 ans. Mais quand j’ai eu 24 ans, je suis tombée enceinte. J’ai commencé à me questionner : suis-je en train de nuire à mon bébé? J’ai découvert en janvier que j’étais enceinte et j’ai cessé de fumer tôt dans la grossesse, c’était à la mi-février 2012. Je devais constamment me rappeler que mon bébé n’avait pas le choix d’être exposé à ce que je mettais dans mon corps. Mon bébé ne voulait pas de la fumée de cigarette. Maintenant que je suis non-fumeuse, j’ai l’impression d’avoir ajouté dix ans à ma vie. Je peux respirer beaucoup mieux. Je peux me promener sans avoir recours à un inhalateur. Je suis une maman beaucoup plus active physiquement. »

Kelsey Nash-Solomon avec ses garçons, Triton et Declan.

Amanda et Kelsey ont eu raison de ne pas vouloir exposer les bébés qu’elles portaient à la fumée nocive du tabac. Selon Santé Canada, la nicotine, le monoxyde de carbone et d’autres produits chimiques présents dans le tabac passent dans le placenta et atteignent le foetus. La nicotine augmente le rythme cardiaque du bébé et ses mouvements respiratoires. De plus, certains produits chimiques qui l’atteignent en passant par le sang de la mère causent le cancer. Il a été prouvé que l’usage du tabac augmente les risques de complications au cours de la grossesse, et entraîne de graves problèmes chez le fœtus tels qu’une insuffisance pondérale à la naissance, la mortinaissance, les avortements spontanés, un retard de croissance intra-utérin, la prématurité, le décollement placentaire et la mort subite du nourrisson.

Le tabagisme peut également diminuer la fertilité d’une femme. C’est pourquoi les professionnels de la santé recommandent de cesser de fumer comme l’une des mesures proactives que les femmes peuvent prendre pour augmenter leurs chances de concevoir.

Jennifer Beaver, 35 ans, habitant la région d’Upper Kingsclear, maman de Jax, 3 ans, peut en témoigner.

« Mon mari et moi avons essayé de concevoir pendant presque un an. Nous avions des difficultés. Mon médecin m’a dit que la nicotine pouvait bien entendu nuire à nos chances de concevoir. Je savais bien que je devais cesser de fumer un jour, mais je remettais toujours cette décision au lendemain. Je m’étais dit que de toute façon, je serais forcée de cesser de fumer le jour où j’apprendrais que j’étais enceinte. Mais, j’ai pris la décision de cesser de fumer tout de suite ce jour-là dans le bureau du médecin. J’ai dit à mon mari que je voulais cesser de fumer immédiatement, pour le bien de notre famille, pour ce futur bébé que nous voulions tous les deux. Il m’a surpris en me disant qu’il allait lui aussi cesser de fumer. Nous avons choisi une date et nous avons commencé à utiliser le médicament Champix. Nous avons pris ce médicament pendant environ un mois, pour contrôler nos symptômes de sevrage. Nous avons tous les deux réussi à cesser de fumer pour de bon. Six mois plus tard, je suis enfin tombée enceinte! »

« C’est une dépendance malsaine et répugnante », ajoute-t-elle. « J’ai commencé à fumer à l’âge de 12 ans et je n’en suis pas fier. Je suis tellement heureuse d’être maintenant non-fumeuse! Je ne veux pas que mon bébé soit exposé à la fumée du tabac. Même aujourd’hui, lorsque nous sortons de la maison, s’il y a de la fumée secondaire quelque part, je l’éloigne de cette fumée aussi rapidement que possible.»

Jennifer Beaver et son fils, Jax. (Crédit photo: Stacey Marie Photography)

Pour Kelly Whelan, 33 ans, habitant Hartland, l’amour que ressent une nouvelle mère pour son nouveau-né après à la naissance fut le moment catalyseur qui a bouleversé sa vie et lui a permis de se libérer de sa dépendance à la nicotine une fois pour toutes.

« En 2009, je suis tombée enceinte de mon premier enfant. J’ai honte d’admettre que j’ai fumé pendant toute la grossesse. Je ne m’attendais pas à vivre une grossesse à ce moment-là de ma vie, c’était une surprise, et je n’étais pas prête à y faire face. C’était surréaliste. Cela pourrait expliquer pourquoi j’ai continué à fumer, même si je savais que ce n’était pas recommandé. »

« Enfin arriva le jour de naissance de ma fille. Quelques heures après l’accouchement, avec tout le stress de cet événement ayant ravagé mon corps, j’avais une forte envie de cigarette. J’allaitais, et je me souviens avoir passé ma fille à une infirmière pendant quelques moments afin que je puisse aller à l’extérieur. J’avais l’intention de fumer, mais lorsque je suis sortie de ma chambre, j’ai ressenti de fortes émotions. J’ai commencé à pleurer. J’étais tellement en colère contre moi-même. Je pensais : je ne peux pas faire ça à ma fille! Je ne peux pas mettre tous ces produits chimiques en elle! Depuis sa naissance, je pouvais voir et tenir ma fille. Elle était une personne réelle, très vivante, et si belle. Je voulais la protéger à tout prix. À partir de ce moment-là, chaque fois que j’avais envie de fumer une cigarette, je regardais et tenais ma fille dans mes bras et j’étais capable de résister à cette tentation. »

L’histoire de Kelly n’est pas inhabituelle. Selon Santé Canada, le tabagisme pendant la grossesse demeure un grave problème de santé publique; environ 20 % à 30 % des femmes enceintes font usage du tabac.

« Ma fille, Brooklyn, a maintenant sept ans. J’ai eu beaucoup de chance avec elle, elle est en bonne santé et il n’y a eu aucune répercussion grave de mon tabagisme pendant la grossesse. Elle a maintenant un frère, Andrew, 1 an. Je suis fière d’élever ces deux beaux enfants dans une maison sans fumée. C’est la meilleure chose que je puisse faire pour eux. »

Kelly Whelan avec son mari, sa fille, Brooklyn, et son fils, Andrew.

Aucune quantité d’expositions à la fumée secondaire n’est sans danger. Voilà pourquoi les parents sont encouragés à mettre en place une politique d’interdiction de fumer dans la maison. Les bébés et les enfants sont particulièrement à risque de développer des maladies liées à l’exposition à la fumée secondaire, parce que leurs systèmes immunitaires sont moins développés que ceux des adultes, leurs corps sont encore en croissance et ils respirent plus rapidement que les adultes. (Source : Santé Canada)

De plus, les parents non-fumeurs montrent le bon exemple et diminuent le risque que leurs enfants voudront fumer plus tard, une fois adolescents ou adultes. Selon le Sondage sur le mieux-être des élèves du Nouveau-Brunswick (2012–2013), les élèves de 12e année qui ont essayé de fumer ont déclaré avoir consommé leur première cigarette au complet avant l’âge de 14 ans. Par conséquent, l’idée d’essayer de fumer aurait surgi plus tôt. Le sondage révèle plusieurs facteurs qui contribuent à la susceptibilité au tabagisme chez les jeunes, comme avoir un parent ou un frère ou une sœur fumeurs ethabiter dans une maison où il n’est pas
« interdit de fumer ».

« Je ne veux jamais que mon fils, Charlie, commence à fumer, qu’il prenne une si mauvaise décision », ajoute Amanda. « Je suis tellement reconnaissante qu’il ne passe pas son enfance autour de parents fumeurs. Ma propre mère était fumeuse. Fumer était bien plus accepté quand j’étais enfant. Mais, les gens sont plus éduqués à ce sujet maintenant. »

« Avant de tomber enceinte, quand je pensais à la maternité, vous savez, mon rêve était d’être une mère active », ajoute Jennifer. « Je voulais pouvoir jouer avec mes enfants, me promener à vélo avec eux et avoir plus d’énergie. Comme je suis maintenant non-fumeuse, je peux faire ces choses et être la meilleure version de moi-même avec mon enfant.»

Bravo à toutes ces mamans courageuses de partager leur histoire! Vous êtes de vraies championnes de la vie sans tabac!

Histoire et photos utilisées avec la permission de: Amanda Arsenault, Kelsey Nash-Solomon, Jennifer Beaver et Kelly Whelan.

Publié en septembre 2017

Par Nathalie Landry – Coordonnatrice des communications de la CATNB